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Rencontre avec Antonina Masero, artisane au service de la qualité de votre sommeil

 

Par Agathe -

 

13/09/17

 

Avec sa toute jeune entreprise baptisée «Luxiplume», Antonina Masero s’est spécialisée dans un service peu répandu à Marseille et en PACA: la fabrication et la rénovation d’articles de literie en plumes. Une activité qu’elle mène en respectant le plus possible la cause animale et qui se révèle plus écologique et durable que l’utilisation du synthétique. Reportage.

 

Qui n’a pas déjà retrouvé dans ses placards ou ceux de ses grands-parents, des oreillers, édredons ou autres couettes en plumes? Ces articles de literie ont, malgré les années, bien résisté aux difficultés du temps. Pour autant, ils nécessitent parfois une petite rénovation pour retrouver leurs côtés bien rebondis et confortables.

 

Confrontée à cette réalité, Antonina Masero, ancienne couturière en Ukraine résidant en France depuis huit ans, a souhaité donner un second souffle à une couette en plumes de la famille de son mari. «C’est quelque chose qui se fait beaucoup en Ukraine et même en Pologne, en Suisse, en Allemagne ou aux États-Unis. Étonnamment, je n’ai pas trouvé où le faire en France et je ne voulais pas jeter cet édredon qui était encore en très bon état. J’ai alors eu l’idée spontanément de le faire moi», confie l’artisane.

 

Une machine des années 70 au cœur de l’activité

 

Pour lancer son entreprise, Antonina Masero a dû se doter de matériel spécialisé dans la confection et la rénovation d’articles de literie en plumes. Et puisque l’activité est peu développée en France, c’est hors des frontières de l’Hexagone qu’elle s’est rendue pour s’équiper. «J’ai mis 6 mois pour trouver ma machine, qui date des années 1970. Je l’ai faite venir d’Allemagne complètement démontée car il était impossible de la déplacer telle qu’elle! Mon mari et mon beau-père se sont ensuite chargés de la retaper, en changeant chaque pièce abîmée, même le plus petit boulon», explique Antonina Masero.

 

Cette machine représente le cœur de l’activité de Luxiplume. Elle permet de libérer les plumes de leur poussière par aspiration. Les plumes passent ensuite par une étape de nettoyage à la vapeur. Toutes sont ensuite stérilisées à l’aide d’une lampe à ultra-violet avant de retrouver leur place dans une housse d’oreiller, d’édredons ou de couette neuve.

 

La machine utilisée par Antonina Masero date des années 1970 et a été entièrement remise à neuf © AP

 

Antonina Masero ne se charge toutefois pas seulement de la rénovation de literie en plumes. L’artisane confectionne aussi elle-même des articles avec des plumes et duvets neufs d’oie et de canard français certifiés sans déplumage à vif. Une gamme qui peut être réalisée sur-mesure et personnalisée notamment avec de la broderie. Et pour les adeptes de naturel, les plumes et duvets peuvent être remplacés par des écales de sarrasin bio, une garniture écologique qui est en plus ergonomique.


Plumes VS synthétique: le match

Délaissé depuis plusieurs années, voire décennies, au profit du synthétique, le coussin en plumes présente pourtant de nombreux avantages. «Il doit être composé au minimum de 10% de duvet et le reste de plumettes pour lui donner plus de confort et ce côté à la fois gonflant et respirant», explique Antonina Masero.

Et contrairement aux idées reçues, un article en plume n’est pas plus allergisant qu’un article en synthétique, au contraire. Les plumes permettent une meilleure aération à la différence du synthétique qui agit comme une éponge. Résultat: les poussières et acariens s’accumulent moins vite dans un article en plume. Reste ensuite à bien entretenir sa literie en plume, ce qui lui permettra de durer dans le temps: au minimum 15 ans contre maximum 5 ans pour un article synthétique.

«Si les plumes sont neuves à la base, un article en plume peut durer très longtemps, même pendant 100 ans comme les couettes de nos grands-mères par exemple », met en avant Antonina Masero. La rénovation proposée par l’artisane permet à la literie de retrouver du gonflant, contrairement au synthétique qui se tasse au fur et à mesure des lavages.

Quant au coût d’un article en plumes, il est certes plus élevé au départ qu’un article synthétique. Mais sa durabilité dans le temps fait que, sur le long terme, la différente s’amenuise et les déchets aussi. Seul bémol pour certains: la provenance animale. Sur ce point Antonina Masero se défend: «S’il n’y avait pas d’exploitation animale pour l’alimentation, il n’y aurait pas d’exploitation pour les plumes. Mais plutôt que de les jeter, autant en faire quelque chose», explique-t-elle, ajoutant ne s’approvisionner qu’auprès de fournisseurs qui garantissent que les plumes ne sont pas issues de déplumage à vif.

En plus de la rénovation de literie en plumes, Antonina Masero confectionne de façon artisanale coussins, édredons et couettes qui peuvent être personnalisés © AP

Entreprendre malgré un certain scepticisme

Lorsqu’Antonina Masero a souhaité se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, son enthousiasme s’est rapidement heurté au scepticisme de ses interlocuteurs, et notamment des banques. «Pour les banques, mon projet était trop audacieux et mon métier peu connu»,se souvient-elle.

Malgré les difficultés, Antonina Masero réussit à trouver du soutien auprès de la NEF, coopérative financière, l’institut de microfinance Créa-Sol, le réseau de financement des créateurs d’entreprise Initiative Marseille Provence et ESIA qui lui fournit une caution. La Caisse d’Épargne lui accorde également sa confiance. «Tous trouvaient que mon projet était bon, mais puisque je me lançais dans un domaine rare en France, j’ai dû persévérer pour montrer la faisabilité de ce projet», souligne l’artisane.

 

Avec son atelier installé depuis avril 2017 au sein du Carburateur, pôle entrepreneurial des quartiers Nord de Marseille qui accompagne les entreprises, Antonina Masero souhaite développer son activité, dans le futur, à destination des hôtels. «Les hôtels changent environ tous les 7 ans leur literie. Ma solution leur permettra d’éviter la surconsommation et de préserver leurs articles plus longtemps», se désole-t-elle. En attendant, ce sont aussi les particuliers qu’elle souhaite sensibiliser à consommer autrement en proposant ses oreillers à partir de 38€.


Informations pratiques

Retrouvez Luxiplume et Antonina Masero sur rendez-vous au 06 01 34 90 32 dans son atelier au Carburateur 211 chemin de la Madrague-Ville, 13015 Marseille
Également le jeudi matin au marché Michelet et le vendredi matin au carré des artisans du marché du Prado

Article Publié dans La Tribune :

 

Comment Luxiplume redonne du lustre à un métier oublié

Par Carole Payrau | 09/05/2017, 18:13 | 682 mots

 

Cette jeune entreprise installée à Marseille remet au goût du jour la rénovation et la fabrication artisanale d’articles de literie.

Cette activité-là était passée en France aux oubliettes, alors qu'elle a toujours cours à l'étranger, notamment dans les pays de l'Est. Et Antonina Masero, couturière établie au Carburateur à Marseille, a décidé de lui redonner vie... Ce métier, c'est la rénovation (mais aussi la fabrication artisanale) de couettes et d'oreillers. Pas n'importe lesquels, toutefois: ceux en plumes... avec la volonté de proposer une alternative durable aux articles de literie synthétique. Une activité qui nécessite concrètement d'ouvrir les édredons, couettes et autres oreillers, puis de retraiter les plumes. Celles-ci sont tour à tour triées afin d'en extraire la poussière, subissent un traitement à la vapeur, sont chauffées, séchées, avant d'être stérilisées à la lampe à UV. Regonflées à bloc, les plumes réintègrent ainsi une enveloppe neuve, laquelle peut être agrémentée de plumes supplémentaires afin de retrouver le bon volume...

Soutien total

Mais que l'on se rassure: Antonina Masero ne se charge pas de ces missions de ses petites mains. Elle se sert pour cela d'une machine à trois compartiments, de la marque allemande Lorch et achetée de l'autre côté du Rhin... d'occasion. "En France, on ne compte que trois engins de ce type. Il faut donc s'équiper à l'étranger, car elles sont difficiles à trouver"... De la complexité de redonner de la sève à un métier oublié. Ce n'est pas la seule difficulté, d'ailleurs, témoigne la créatrice. "J'ai dû multiplier les arguments pour obtenir un prêt, car les banques, frileuses, ne croyaient pas en mon activité. Déjà parce qu'elles ne la connaissaient pas. Il a fallu donc faire preuve de pédagogie... Mais aussi parce que, pour certaines, il n'y avait pas de marché, prédominance du synthétique oblige. Or, c'est faux: j'ai réalisé une étude et envoyé un questionnaire en e-mailing à l'échelle nationale. Et il en est ressorti que 60 % des interrogés possédaient de la literie à plumes et se déclaraient intéressés par mon service..." C'est donc au bout de 8 mois de parcours du combattant qu'Antonina Masero bouclera son financement grâce à une banque en ligne, après avoir obtenu - gage de confiance - un prêt d'honneur de l'IMM, qui l'a accompagnée, ainsi que l'Adie et la chambre des métiers et de l'artisanat.

Vers le lancement d'une franchise

Et peu à peu, la jeune créatrice surmonte ce qui aurait pu apparaître comme des freins à la croissance, notamment ceux liés à la collecte des articles à rénover. "Elle se fera au domicile des clients, par le biais de points de collectes dans des boutiques... je suis aussi en pleine démarche pour obtenir une place sur les marchés marseillais et être au plus près de mes clients, j'espère y arriverrapidement". Mais loin de se limiter au local, Antonina Masero envisage de rayonner à l'échelle de la France, en invitant les prospects à passer par l'expédition de leurs articles de literie. Enfin, elle se positionne également sur le BtoB, puisqu'elle a commencé à démarcher des hôtels 5 étoiles de la région, qui utilisent de la literie à plumes, plus typée luxe que la synthétique. "A horizon de 2 ou 3 ans, j'envisage d'ouvrir mon propre magasin. Un point de chute idéal pour la collecte. Je pourrais y faire également du négoce, proposer des articles en laine... ou mes propres productions, puisque je réalise également des coussinets en sarrasin". Avec la volonté avérée d'envisager de créer à terme une marque en franchise. Mais en attendant ces possibles axes de développement, Antonina Masero s'est fixé des objectifs de production non moins ambitieux: "en rénovation, 60 oreillers, 12 couettes, 2 traversins et 4 édredons par mois. Et en fabrication, 1 couette bi-zones, 3 couettes standard, 6 oreillers et 35 coussins en sarrasin". Pour une prévision de chiffre d'affaires de 70 000€ annuels pour 2017. Et 80 000€ pour les deux années suivantes... Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle a mis tout en œuvre pour ne pas y perdre... des plumes.